Le scandale révélé des bébés génétiquement modifiés (Lulu et Nana)

Partager sur Facebook

Lulu et Nana sont les deux premiers bébés génétiquement modifiés. L'exploit scientifique du Dr. Jiankui He ne va pas sans problème éthique grave. Officiellement, il explique qu'il a réalisé les modifications génétiques pour permettre une protection contre le VIH. La réalité est bien différente : les réelles motivations seraient plutôt d'augmenter l'intelligence de Lulu, et d'utiliser Nana comme témoin, transformant ainsi ces enfants en sujets d'expériences. Révélations du scandale avec le Professeur Bettina Couderc, chercheure (LIRE LA SUITE)

Bettina Couderc

Professeure Bettina Couderc, professeure de biologie moléculaire et biotechnologies à l'UFR Santé et chercheure dans l'équipe INSERM "Pharmacogénomique des myélomes multiples", Toulouse, France.

 

 

 

 

 

Je me suis souvent demandée ce que ressentaient les enfants de stars d’être, dès leur naissance, sous les feux des projecteurs. En tant que "fils de" ou "fille de", ils appartiennent un peu à tout le monde et on attend d’eux qu’ils soient plus beaux, plus intelligents, plus sérieux ou au contraire plus délurés que la moyenne. Ils sont traqués, leurs moindre faits et gestes sont scrutés, analysés, copiés, etc. Tel est le cas de Lulu et Nana... Que penser de leur future vie ?

 

Lulu et Nana : deux enfants génétiquement modifiés

Pour rappel, ces deux petites jumelles chinoises sont nées en novembre 2018 après fécondation in vitro et modification génique permanente de leur patrimoine génétique grâce à la technique CRISPR/Cas9. Leur naissance a été annoncée à grand renfort médiatique au deuxième sommet d’édition du génome humain à Hong Kong par le médecin responsable de la modification génétique le Dr. Jiankui He. Ce dernier a peut-être pensé qu’il serait, suite à ce geste riche, célèbre et adulé. C’est l’inverse qui s’est produit, du moins pour le dernier point : célèbre certes, mais couvert d’opprobres par la communauté internationale pour avoir osé transgresser un interdit, la « modification permanente et transmissible du patrimoine génétique humain » (1). Une fatwa a même été proférée à son encontre. Le monde entier a donc été informé de la naissance de Lulu et Nana. 

À l’inverse des enfants de stars, on ne sait que peu de choses des parents de Lulu et Nana, si ce n'est que le père serait séropositif, ce qui aurait poussé le Dr. Jiankui He à proposer la modification génique pour les enfants (2).

 

Nana sera-t-elle reléguée au rôle de « témoin de Lulu » comme nous le faisons dans nos laboratoires avec les souris transgéniques ?

 

Revenons à la modification : le Dr. Jiankui He a inactivé la séquence des deux allèles du gène codant le récepteur CCR5 dans le génome de Lulu (un allèle de CCR5 a une base insérée dans l’exon 3 et l’autre allèle a une délétion de 4 bases) alors qu’il n’a inactivé qu’un seul allèle chez Nana (délétion de 15 nucléotides dans un allèle alors que le deuxième est intact). La première observation que l’on peut faire ici, c’est que les deux petites filles ne sont pas identiques pour la mutation recherchée. Lulu a ses deux allèles mutés alors que Nana n’en a qu’un. On peut supposer que les deux enfants ne seront pas traitées de la même façon puisque sur une « cela a marché » et pas sur l’autre. Rappelons ici les désastres familiaux de l’absence de réussite lors de la génération de bébés de la deuxième chance (bébé médicament) quand l’enfant mis au monde s’avère incapable de soigner son aîné. Lulu et Nana sont les deux premiers enfants génétiquement modifiés. Elles vont certainement être suivies tout au long de leur vie. Est-ce que Nana sera reléguée au rôle de « témoin de Lulu » comme nous le faisons dans nos laboratoires avec les souris transgéniques versus les souris non modifiées consanguines ?

 

twins-1628843 640

 

Pourquoi cette modification génique ?

 

CCR5 est un récepteur qui est co-utilisé par le VIH pour infecter une cellule (Glushakova et al. 1999 ; Agrawal et al. 2004). Il a été prouvé que le fait d’avoir une mutation inactivatrice sur le gène codant CCR5 permettait une résistance des cellules à l’infection par VIH-1 (Liu et al 1996, Samson et al 1996). Du point de vue thérapeutique, Hutter et al. ont donc décidé d’injecter à un patient séropositif nécessitant une greffe de moelle pour soigner une leucémie des progéniteurs de moelle mutés sur les deux allèles du gène codant CCR5. Le patient a été guéri de sa leucémie et n’a plus présenté aucune trace du VIH quelques mois après le geste thérapeutique (Hutter et al 2009, Allers et al. 2009, Duarte et al. 2015 , Gupta et al. 2019). Devant le succès d’une telle thérapie, un protocole de thérapie génique visant à induire une mutation du gène codant CCR5 dans les cellules immunitaires de patients séropositifs a été élaboré afin de les débarrasser de façon définitive du virus (Tebas et al. 2014). En résumé ce protocole consiste à prélever des cellules de moelle (progéniteurs des cellules immunitaires) de patients atteins du VIH et traités par quadrithérapie, de les modifier génétiquement par édition du génome afin d’induire l’inactivation du gène codant CCR5 sur les deux allèles, et de réinjecter ces cellules modifiées dans la circulation sanguine des patients. Ces cellules modifiées ne pouvant pas être infectées et tuées par le VIH vont survivre et proliférer. Elles prennent progressivement la place des cellules non modifiées du patient. Celui-ci va donc se débarrasser progressivement de ses cellules infectées par VIH-1 et donc de tous les réservoirs du virus. Il sera guéri. Un tel traitement a prouvé son efficacité en permettant de guérir plusieurs patients séropositifs et même symptomatiques (développant le SIDA) (Tebas et al 2014). Dans ce premier protocole publié, la stratégie utilisant les Zing Finger Proteines (ZFN) a été utilisée pour l’édition du génome. Depuis, les cliniciens mettent au point la modification en utilisant CRISPR/Cas9 ou même les TALEN (Xu L et al. 2017, Shi et al. 2017). Ce protocole est une stratégie de thérapie génique ex vivo et seules les cellules du système immunitaire porteront la modification génique qui n’est pas transmissible à la descendance.

 

Ici, il n'y a pas de problème éthique majeur puisqu’un tel traitement n’induit pas de changement du patrimoine génétique transmissible à la descendance. La seule question que l’on pourrait se poser porterait sur l’équité d’accès aux soins puisqu’un tel traitement coute de l’ordre de 600000 euro par patient.

 

On peut évoquer ici le terme « transhumanisme » car Lulu serait « augmentée » par rapport aux autres enfants

 

 

Mais revenons à Lulu et Nana : le scandale provoqué par leur naissance a porté d’une part sur le fait que leur patrimoine génétique a été modifié de façon permanente et transmissible à la descendance et d’autre part que cette modification n’a pas visé à les guérir d’une pathologie de particulière gravité mais est sensée leur conférer un avantage puisqu’elles ne pourraient pas être infectées ni par le VIH ni par le choléra.

 

On peut évoquer ici le terme « transhumanisme » car Lulu serait « augmentée » par rapport aux autres enfants. À ce niveau-là, on peut se poser la question : va-t-on pousser l’expérience plus loin en lui injectant le VIH pour vérifier l’hypothèse ? Ou du moins va-t-on prélever des échantillons sanguins tout au long de sa vie (ainsi qu’à Nana, son contrôle) afin de vérifier que les cellules résistent bien à l’infection. Ces enfants seraient alors des « objets d’expériences ». Fort heureusement, concernant la vérification de l’acquisition d’une résistance à l’infection virale, on sait que l’on n’a pas besoin de réaliser les contrôles mentionnés ci-dessus puisqu’il est déjà connu et abondamment publié que des personnes naissant avec le gène CCR5 muté seraient résistantes au virus. Lulu ne serait donc pas « augmentée » puisque la mutation existe naturellement dans 1 à 2% de la population mondiale (Solloch et al. 2017). Le Dr. Jiankui He n’aurait que reproduit quelque chose qui arrive spontanément dans la nature. Cette observation relance le débat actuel de la communauté internationale : est-ce qu’un changement d’un ou quelques nucléotides sur une séquence génique qui pourrait arriver naturellement conduit à un organisme génétiquement modifié ou pas ? 

 

 

Résistance à une infection virale, mais aussi...

 

Là où le débat se corse, c’est quand on analyse la bibliographie sur le récepteur CCR5. On peut se poser la question des réelles motivations du Dr. Jiankui He pour avoir réalisé la mutation. Certes le père des jumelles est séropositif, et dans un geste altruiste, le Dr. Jiankui He aurait voulu éviter aux enfants la possibilité d’être infecté, mais est-ce la seule raison ?

 

CCR5 est le premier gène rapporté associé à une récupération améliorée des AVC chez l'homme

 

En effet il y a fort peu de chance que le père des jumelles transmette son infection à ses enfants puisque le virus se transmet par des transfusions sanguines ou des rapports sexuels. On peut éventuellement penser que les parents aient été traumatisés par le fait qu’un d'eux soit séropositif et qu’ils aient souhaité éviter ceci à leurs enfants. Toutefois, de très nombreux articles font état (en plus de l’acquisition de résistances vis-à-vis de certaines pathologies) de différences morphologiques associables au statut du gène CCR5. Pour exemple, l’expression de CCR5 a une influence non seulement sur la sensibilité à une infection bactérienne ou virale mais également sur le cerveau. Le groupe de Carmicael et al. a très récemment publié un excellent article dans la revue « Cell » où il montre que les personnes ayant un gène CCR5 inactif récupèrent beaucoup mieux cognitivement après un AVC ou un traumatisme crânien que les personnes non-mutées (Joy et al. 2019). La publication décrypte le mécanisme moléculaire sous tendant cette affirmation. L’article montre également dans une grande cohorte clinique de patients ayant subi un AVC que les porteurs d’une mutation naturelle induisant la perte de fonction du CCR5 (CCR5-Δ32) ont présenté une récupération plus importante des déficiences neurologiques et de la fonction cognitive. En résumé, CCR5 est le premier gène rapporté associé à une récupération améliorée des AVC chez l'homme et une cible de traduction pour la réparation neuronale dans les AVC et les traumatismes crâniens. Ces travaux très aboutis ne sont pas les premiers à avoir évoqué un avantage à être porteurs d’une mutation de ses deux allèles codant CCR5. En effet, Victoria et al. ont montré dès 2017 que le fait d’avoir les deux allèles de CCR5 mutés protège contre l'ischémie cérébrale (Victoria et al., 2017). Avant cela, Zhou et al. ont publié en 2016 que l’inhibition de la voie de signalisation activée par CCR5 permet l’augmentation des capacités de lecture et de mémoire ainsi que la plasticité cérébrale (Zhou et al., 2016). Il n'est pas possible que le Dr. Jiankui He n’ait pas eu connaissance de ces travaux avant de réaliser la modification génique des embryons humains. S’il n’était pas flagrant que Lulu puisse être considérée comme augmentée du fait qu’elle puisse résister à une infection virale, le fait de bénéficier d’un potentiel avantage cognitif l’est réellement. Si cela est le cas la question va être de savoir comment les médecins qui suivront les jumelles vont apprécier l’effet de la mutation sur les fonctions cognitives des enfants et comment sera traitée Nana, témoin de sa sœur.

 

S’il n’était pas flagrant que Lulu puisse être considérée comme augmentée du fait qu’elle puisse résister à une infection virale, le fait de bénéficier d’un potentiel avantage cognitif l’est réellement.

 

Enfin, toujours si on analyse la bibliographie sur CCR5, on se rend compte que l'induction artificielle d'un phénotype CCR5 nul chez le bébé Lulu pourrait avoir des conséquences imprévues. Il a été rapporté une influence de l’expression de CCR5 sur, entre autres, le développement osseux (Xie et al., 2019), l’incidence d’une rétinopathie en cas de diabète de type 1 (Slomisky et al., 2017), le développement d’une encéphalite après infection par le virus TEBV véhiculé par les tiques (Mickiene et al., 2014), la susceptibilité à la néphrite lupique (Cheng et al., 2014) et même sur la pathogenèse du carcinome épidermoïde des voies aérodigestives supérieures (Tanyel et al., 2013). Les risques potentiels sur le développement des bébés ayant un gène CCR5 sont donc difficiles à prédire et seul le temps révélera les effets à long terme du déficit en CCR5 sur l'individu affecté.

 

 web-3706562 640

 

Tout cela amène à conclure

 

  1. Le geste du Dr. Jiankui He va à l’encontre de toutes les précautions qu’un médecin doit prendre pour la prise en charge des enfants. 

    Le geste du Dr. Jiankui He n’a non seulement pas été justifié par une thérapeutique pour une pathologie de particulière gravité mais a visiblement eu pour objectif de conférer un avantage (une augmentation) aux enfants. On peut parler ici de transhumanisme (3).

    Le geste du Dr. Jiankui He est potentiellement responsable d’une qualité de vie affectée pour les deux petites filles (l’objet d’expérience et son témoin) à la fois du point de vue physique et psychologique. Il est répréhensible de grever ainsi l’avenir d’enfants qui vont devenir des sujets d’expériences alors qu’elles ne présentaient pas de pathologie grave.

    Le geste du Dr. Jiankui He a été réalisé en absence de toutes les garanties sur le devenir des enfants. Nous n’avons aucune certitude sur le fait qu’aucun autre gène n’ait été affecté par la modification génique. Le travail du Dr He n’a pas été évalué par une équipe indépendante et nous n’avons que ses affirmations concernant le séquençage complet du génome des enfants. D’autre part nous ne savons pas si le fait de naitre avec un gène CCR5 muté n’a pas d’influence sur la santé future des enfants.

  2. Le geste du Dr. Jiankui He a été une atteinte à une décision universelle de ne pas induire de modification du patrimoine génétique humain.

    Il est vrai qu’ici cette modification est une altération génique dite « perte de fonction ». Le gène codant CCR5 a été altéré donc ne s’exprime plus. Cette altération génique est retrouvée dans 1-2% de la population mondiale. Cette altération ne va pas perdurer dans la descendance puisque quand Lulu ou Nana auront des enfants, ceux-ci auront de grande chance d’être hétérozygotes pour le gène codant CCR5. La mutation va se diluer dans la descendance et ne devrait pas avoir de conséquence. Toutefois quand on juge si un acte humain est bon ou pas, on ne doit pas (ou peu) prendre en compte les circonstances (père séropositif) et les conséquences (enfant augmentée et dilution de la mutation au fil de générations suivantes) mais l’acte lui-même. Là, clairement, il y a nuisance pour le patrimoine mondial. C’est la porte ouverte à l’utilisation de l’édition du génome pour la modification du génome. 

    Suite à ce geste on peut constater une réaction vive de la communauté internationale. Toutefois si on lit attentivement le moratoire publié dans la revue Nature (4), on constate que ce qui est demandé n’est pas l’interdiction absolue d’édition du génome sur l’embryon mais la nécessité de l’obtention de l’accord d’une instance dirigeante internationale pour le faire. Cela montre bien que dans l’avenir, il est possible que « certaines circonstances » et la prévision de « certaines conséquences minimes » pourraient bien induire des autorisations nationales et/ou internationales d’édition du génome sur l’embryon ou les gamètes. 

    Enfin, et pour aller plus loin, si cette modification réalisée chez Lulu résulte en une « augmentation » réelle (ex cognitive), il y a fort à penser que de se contenter d'augmenter uniquement la personne traitée et non pas sa descendance paraîtra limitant. Quelqu’un d’augmenté souhaitera que sa progéniture ait les mêmes chances. Dans ce cas, il ne faudra pas uniquement induire l’édition du génome sur les deux allèles mais également faire que cette édition ait lieu sur l’allèle correspondant après procréation. Ceci est tout à fait possible en intégrant dans le génome de l’embryon non seulement le guide ARN nécessaire à la modification génique par Cas9 mais également l’ADN codant la Cas9 (gene drive utilisant l’intégration du gène codant la Cas9 et du guide dans le génome) (5). Dans ce cas-là, il n'y aura plus de dilution de la modification génique dans la descendance, mais il y aura une réelle modification du patrimoine mondial de l’humanité qu’est notre génome.

Vous aimerez aussi :

  1. Faut-il avoir peur du transhumanisme ?
  2. Le secret médical est-il un absolu ?
  3. Vers une gouvernance éthique (Ψ, G, Φ) de l’exploitation des Big Data en santé
  4. Cellules iPS : la panacée des cellules souches ?

 

Notes de bas de page

  1. https://www.theguardian.com/science/2018/nov/27/he-jiankui-chinese-gene-edited-baby-claims-scientists-shocked-global-outcry.
  2. https://newsbeezer.com/romaniaeng/how-were-the-twins-nana-and-lulu-born/
  3. https://www.technologyreview.com/s/612997/the-crispr-twins-had-their-brains-altered/
  4. Adopt a moratorium on heritable genome editingEric Lander et al. Nature 567;165-168. 
  5. https://www.sciencedirect.com/topics/medicine-and-dentistry/gene-drive

 

Bibliographie

 

  • Agrawal et al. J. Virol 2004 78(5) 2277-2287
  • Allers et al. Blood 2011 Mar 10;117(10):2791-9.
  • Cheng et al. Autoimmunity. 2014 Sep;47(6):383-8.
  • Duarte J.Lancet HIV. 2015 Jun;2(6):e236-42.
  • Glushakova et al. J. Clin. Invest 1999 104(5) : R7-R11
  • Gupta et al. Nature 2019 Mar 5. doi: 10.1038/s41586-019-1027-4
  • Hutter, G. et al. New Engl. J. Med. 2009.360, 692–698
  • Joy et al Cell. 2019 Feb 21;176(5):1143-1157
  • Liu, R. et al. Cell 1996 86, 367–377
  • Mickiene et al. PLoS One. 2014; 9(9): e106798
  • Samson, M. et al.  1996.Nature 382, 722–725
  • Shi et al.  J Acquire Immunol Defic Syndr 2017 Feb 1;74(2):229-241.
  • Słomiński BMol Cell Endocrinol.2017 Jan 5;439:256-260. 
  • Solloch et al. 2017 Hum Immunol. 2017 Nov;78(11-12):710-717.
  • Tanyel et al. Genet Mol Res. 2013 Nov 18;12(4):5714-20.
  • Tebas et al. N Engl J Med. 2014 6;370(10)
  • Victoria et al. Curr Neurovasc Res. 2017 14(2):125-131.
  • Xie et al.  Bone Research 2019 7:4
  • Xu et al. Mol Ther 2017 Aug 2;25(8):1782-1789.

 

Partager sur Facebook

Postez votre commentaire

0
Restrictions sur les pièces jointes Seules les extensions de fichiers suivantes sont autorisées: bmp, csv, doc, gif, ico, jpg, jpeg, odg, odp, ods, odt, pdf, png, ppt, rar, txt, xcf, xls, zip 0 / 3
conditions d'utilisation.

Linked twitter Facebook VimeoYouTubeGoogle

Nouveautés